La Colère

La Colère

La colère est sans aucun doute l’émotion la plus mal vue dans notre société. Que ce soit dans nos traditions familiales, en entreprise, à l’école… et même dans les mouvements de développement personnel et spirituel où l’on recherche avant tout la sérénité et la paix, la colère n’est pas la bienvenue et tous les arguments sont bons pour l’occulter.

En ce moment, je sens monter en moi une vague chaude et puissante, rugissante de colère.

Mais autour de moi, on me dit que la colère est mauvaise conseillère : cependant, je n’ai pas l’intention de prendre de décision dans cet état !

On me dit que je dois accepter les autres tels qu’ils sont, mais dans l’instant, ce n’est pas ma préoccupation, même si je le sais !

Ne puis-je pas tout simplement vivre cette colère sans que l’on vienne par des moyens plus ou moins détournés me dire que ce n’est pas bien ? Ne puis-je pas être moi-même ? Ne puis-je pas laisser s’exprimer ce qui bouillonne en moi ?

Qui a décidé que la colère était « mauvaise » ? De quel droit fait-on taire cette émotion? Parce qu’elle dérange ? Parce qu’elle remet en cause l’ordre établi dans la société, dans nos entreprises et nos familles ? Parce que tout doit rester comme c’est depuis des lustres ? Parce qu’on doit accepter comme des moutons les décisions prises par d’autres à notre place ? Parce qu’elle appelle plus d’équilibre entre les forces, plus de justice ? Parce qu’elle stimule l’esprit d’initiative, la combativité, l’objection de conscience et la désobéissance civique ?

Pour ma part, vivre ma colère me fait du bien ! Je me sens vivante, je sens un tourbillon d’énergie qui me traverse, cela me donne de la force, du courage, de l’envie… Je ressens ma densité corporelle, je me sens plus sûre de moi. Évanouis les doutes, les hésitations, la peur de ce que les autres vont penser… Quand je vis ma colère, je peux faire face, être bien droite et juste envers moi-même, prête à prendre ma place. Il ne s’agit pas d’envahir les autres et d’écraser tout le monde sur mon passage mais simplement de conquérir Mon Espace : être qui je suis, dire ce que j’ai à dire et faire ce que j’ai à faire.

J’entends déjà les objections: « la colère n’apporte rien de bon », « la colère détruit tout, ce n’est pas constructif », « si tout le monde s’exprime dans la colère, c’est le chaos »….

Je ne prône pas l’agressivité car je suis profondément pacifiste.

Mais comment peut-on espérer un monde réellement pacifique si chacun de nous porte de la colère enfouie qu’il n’ose pas exprimer parce qu’ « il ne faut pas » ? C’est justement à cause de cette colère non exprimée, refoulée mille et une fois que certaines personnes vont un jour « péter un plomb » et commettre l’irréparable, ou bien être récupérées par des groupes aux intentions malveillantes. La seule voie pour faire la paix en soi et dans le monde est, à mon sens, de regarder en face toute la colère qui reste tapie au fond de soi : tous les sentiments d’injustice, de rejet, d’abandon, de trahison, d’incompréhension…. La regarder en face, c’est l’autoriser à exister, c’est S’autoriser à exister. La laisser circuler et s’exprimer le plus souvent possible au moment où elle « monte », c’est le seul moyen d’équilibrer les forces en soi, l’ombre et la lumière. Une fois que l’ombre est acceptée et intégrée comme une partie de soi que l’on autorise à vivre, la paix ne peut-elle pas s’installer pour de bon ?

1 Commentaire

  1. Lise
    11 Mar 2018

    Merci pour ce beau partage ! Je suis d’accord avec toi, il nous faut autant embrasser nos lumières que nos ombres. Et il me semble que c’est sur ce chemin qu’on peut réellement s’aimer tel que nous sommes, dans notre entièreté, sans culpablilité ou jugement d’avoir de la colère en soi. Il est important de saimer dans toutes ces parts, quelles qu’elles soient. Merci Sophie !

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